Découverte

Dans cette rubrique
  • Amiens
  • Amiens au XVIIIème siècle, le début de l'urbanisme
  • Amiens aux XIXème et XXème siècles
  • Amiens aux XVIème et XVIIème siècles
  • Amiens, la ville antique
  • Amiens, la ville médiévale
  • Le Marquenterre
  • Le Vimeu
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    Amiens, la ville antique

    Une ville naît sur ce guet de la Somme, de la volonté de l'administration romaine d'Auguste – dans la dernière décennie avant notre ère – et de la volonté des autochtones de s'intégrer aux cadres de l'Empire romain. Contrôler le territoire pour les uns, être associé au modèle de civilisation dominant pour les autres, les ambitions étaient diverses, mais le projet unique : créer la cité. 15 000 habitants au premier siècle, la ville connaît un premier apogée peu de temps après sa fondation, édifiant un large forum courant de la façade de l'Hôtel de ville actuel jusqu'au logis du roi, aménageant également des termes – rue de Beauvais notamment, probablement le plus important – ainsi qu'un amphithéâtre à l'emplacement de l'Hôtel de ville actuel, construit au IIème siècle et pouvant recevoir de 12 à 15 000 spectateurs. Une ville de craie et de bois, avec ses rues orthogonales légèrement bombées pour l'écoulement des eaux vers un système d'égouts, avec de larges trottoirs de deux à trois mètres où les passants s'arrêtaient pour contempler les étals des boutiquiers.
    Une ville d'artisanat et de boutiques où se côtoyaient petit peuple des villes, artisans et marchands mais aussi riches propriétaires terriens à l'origine des constructions prestigieuses de la cité.

    La ville était fermée sur elle-même, véritable îlot de pierre au milieu des campagnes céréalières. Elle était d'abord cernée de morts, de nécropoles funéraires dans lesquelles les Gallo-romains rendaient un culte à leurs ancêtres : sous la citadelle actuelle, dans le faubourgs de Beauvais, rue Saint-Fuscien, sous l'église Saint-Acheul demeurent encore les vestiges de ces premiers Amiénois enterrés à la lisière de leur ville. Elle était également entourée de remparts, mais seulement à partir de la fin du deuxième siècle, quand la Pax Romana commença à être troublée par des incursions germaniques de plus en plus incisives. La ville qui jusque-là s'était étalée le long de la Somme se resserra sur elle-même, derrière un mur large de près de quatre mètres à la base, et haut d'une dizaine de mètres. Elle s'intègra alors dans le réseau défensif de la frontière de l'empire, accueillant dès lors des fabricants de glaives et de boucliers, les spatharia et les scutaria. Comme ses consoeurs de l'Empire, elle subit les grandes invasions et subit les incertitudes politiques des Vème et VIème siècles, d'où allait naître le royaume de France.