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La craie
La craie fait indéniablement partie du patrimoine picard : promenons nous entre Mers et Onival, le long de l'affleurement du plateau picard, et nous serons au contact de ce mur naturel en craie. Si dans certaines régions, les sédiments crayeux ont été recouverts d'argile à silex, ils affleurent un peu partout, vestiges de l'ère secondaire, du temps du crétacé, bien avant l'arrivée des hommes. Par son abondance, la craie figure parmi les matériaux de construction des habitations picardes, sans que toutefois cet emploi soit exclusif.
Elle fut d'abord utilisée comme engrais. Afin de rendre plus meubles des sols jugés trop lourds et trop humides, le cultivateur se procurait de la craie à la carrière d'à côté, ou, quelques fois, il se contentait de creuser dans son champ, et l'épandait sur ses labours. Il renouvelait l'opération environ tous les quinze ans, juste avant l'hiver, pour que le climat rigoureux de la froide saison finisse de déliter ces morceaux de roche. Généralement, il épandait entre 50 et 60 métres cubes de craie par hectare. Cette technique d'enrichissement du sol, le marnage, est attestée en Picardie au moins depuis le XIIIème siècle, et perdura jusqu'à l'utilisation de la fumure et des plantes fourragères au XVIIIème siècle, voire au-delà.