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Les légumes des hortillonnages
Au cœur d'Amiens, aux pieds même de la cathédrale, se dessine les hortillonnages une mosaïque de jardins et de parcelles bercés dans les bras de la Somme et de l'Authie.
Aujourd'hui, les hortillons se veulent un conservatoire de variétés mais aussi d'un savoir-faire traditionnel. Le label "les T'chos légumes des hortillons" certifie que les légumes et fruits proviennent des hortillonnages et qu'ils respectent des normes de culture précises.
Depuis le Moyen Age, les amiénois cultivent ces parcelles de terre noire particulièrement fertiles grâce à la richesse en matière organique du limon extrait des ruisseaux et épandu sur les îlots.
Contrairement à la spécialisation de l'agriculture d'aujourd'hui, on trouvait de tout sur le marché des hortillons qui se tenait chaque mardi, jeudi et samedi sur le quai de la place Parmentier. Les mannes débordaient de radis, choux-fleurs, artichauts, et même de ces "marteaux" ou navets longs de Picardie. On y vendait traditionnellement la scarole de Meaux, les poireaux de Mézières ou encore les épinards de Viroflay. Pour les fruits, à côté des pommes et poires les maraîchers proposaient des baies (cassis et groseilles) et même des melons.
Les hortillonnages
La cohabitation ancestrale des pierres de la ville avec les hortillonnages, ces îlots de verdure, semble remonter à l'époque gallo-romaine. En effet, les soldats de César évoquent les jardiniers qui cultivent les marais émergés du lit de la Somme.
C'est au Moyen-Age que cet espace certes marécageux mais surtout fertile en limon est mis en valeur. A cette époque, les amiénois entreprennent de drainer les bras d'eau en canalisant les cours d’eau pour irriguer des parcelles de terre surélevées de cette terre noire et féconde extraite de la rivière.
Les Hortillonnages constituent également une riche réserve de la faune et flore picarde en plein cœur d'une ville qui les a aujourd'hui totalement encerclés. Dans le calme clapotis d'une barque sur l'eau, le visiteur peut apercevoir près d'une centaine d'espèce ornithologiques ; depuis les passereaux, jusqu’aux grèbes huppés en passant par le héron cendré et les martins-pêcheurs. Et si son regard parvient à percer le sombre fond des rieux, il pourra distinguer les anguilles, le gardon, le brochet ou la perche. Enfin, il sera séduit par le doux bruissement du vent dans les branches des aulnes, frênes, saules, ou peupliers qui bordent chacune des parcelles et permettent ainsi de retenir de leur racine la terre des talus.
Aujourd'hui, seules les plus grandes parcelles de ces 300 hectares de verdure sont cultivées par les hortillons. La plupart des terrains ont été transformés en jardins d'agréments particulièrement soignés et qui font chaque année l'objet d'un concours paysagiste.