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Amiens aux XIXème et XXème siècles
La ville change ensuite de visage au XIXème siècle, avec la révolution industrielle qui lui amène toujours plus d'habitants et d'activités, suite notamment à l'arrivée du chemin de fer à partir de 1870. Les faubourgs d'abord connaissent un développement important, lieu d'arrivée de ces nouveaux migrants : faubourg de Beauvais au Sud, de Saint Pierre au Nord et dans les hortillonages, le grand faubourg de Noyon sur l'actuelle rue Jules Barni.
Le bâti urbain ensuite est considérablement retravaillé : percement de places, élargissement des rues et construction de squares, dans une logique d'aération de la ville, mesures d'hygiène autant que choix esthétiques. Les fortifications sont rasées et remplacées par de larges boulevards plantés d'arbres. Seize rues convergentes vers le centre sont ouvertes entre 1830 et 1848, de manière à mieux organiser l'accès aux pôles politiques et économiques de la ville, notamment la future rue Lamark et Caumartin. En 1848 est achevée la vaste esplanade de la place Longueville, anciennement occupée par un des bastions les plus massifs des remparts. Autour de la rue de la République, un habitat résidentiel commence à se dessiner, avec un enchaînement de riches maisons particulières et d'édifices publics : bibliothèque municipale en 1825, Caisse d'Epargne en 1833, Salle des Ventes en 1843, musée en 1846.
Le quartier Henriville voit également le jour, drainant vers lui la population aisée de la cité. De fait, tout au long du XIXème siècle, Amiens fut un véritable chantier, entre remodelage du centre historique et extension de la périphérie par des constructions de standing à vocation résidentielle au sud, et bâtis industriels ou ouvriers au nord.
Le vingtième siècle aurait dû suivre cette logique, et laisser à la ville son caractère du XIXème siècle. Mais encore fois, c'était sans compter les alea de l'histoire et la position d'Amiens, au cœur des deux conflits qui allaient ravager l'Europe. En 1918, la ville fut prise pour cible par l'artillerie allemande, touchant 8000 maisons dont 1500 furent complètement détruites. En mai 1940, c'est la Luftwaffe qui prépare l'offensive des troupes d'Adolphe Hitler par le Nord de la France. Ces destructions sont amplifiées par les bombardements alliés de 1940, qui détruisent près de 60% du bâti urbain. Fait surprenant, la cathédrale est épargnée. Après la libération, la ville est reconstruite selon un plan fonctionnel qui réhabilite les anciens quartiers et crée de toute pièce l'espace de la gare sur les plans de l'architecte français Auguste Perret, spécialiste de l'usage du béton armé. C'est une ville en pleine reconstruction qui connut alors une des plus grandes expansion de son histoire, de 1962 à 1975, gagnant près de 30 000 habitants et près de 20 000 emplois.