Découverte

Dans cette rubrique
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  • Amiens au XVIIIème siècle, le début de l'urbanisme
  • Amiens aux XIXème et XXème siècles
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    Amiens au XVIIIème siècle, le début de l'urbanisme

    Le XVIIIème siècle traduisit dans l'espace la croissance économique que connaissait la ville depuis deux siècles. Le siècle des Lumières fut pour Amiens celui des réalisations d'envergure qui ornent encore l'espace urbain d'aujourd'hui. Un nouveau port fut construit au-delà du Pont Saint Michel, le port de grève aux quais plus amples et mieux adaptés au trafic fluvial sur la Somme. Travaux fonctionnels allèrent de pair avec travaux d'embellissement. La façade de l'Hôtel de Ville fut entièrement reconstruite de 1757 à 1760. Le dôme du Béfroi fut refait en 1742. Une nouvelle halle marchande vit le jour sur les plans de l'architecte parisien Montigny à partir de 1761. A côté, une place d'armes fut mise en projet à partir de 1782, ce qui voulait dire destruction de l'habitat ancien souvent insalubre et harmonisation des façades. Cette place qui aurait dû s'appeler la place du Périgord, en hommage au gouverneur de Picardie de la fin de l'Ancien Régime, deviendra au XXème siècle la place Gambetta. Le théâtre de la ville fut achevé en 1780 par une façade décorée de bas reliefs de Carpentier. Sept fontaines publiques furent installées entre 1751 et 1758, ainsi que le château d'eau chargé de les alimenter. Décoration urbaine et service municipaux s'alliaient pour transformer le paysage municipal, plus aéré malgré son lacis médiéval, avec davantage d'hygiène malgré l'absence d'égouts et d'évacuation des eaux usées. En 1767, la municipalité commença à indiquer le nom des rues, et la numérotation des maisons fut adoptée à partir de 1775. A cette même époque, des réverbères dotés de lampes à huile remplacèrent les vielles lanternes à chandelles pour créer le premier éclairage public efficace. Enfin, conformément aux goûts du temps qui cherchaient à créer des espaces verts domptés par l'homme, le cours de la Hotoie fut aménagé en 1746, avec plan d'eau et chemin de promenade, devenant rapidement un lieu à la mode fréquenté par la jeunesse élégante de la ville.

    Indéniablement, le XVIIIème siècle fut un temps d'embellissement du paysage urbain, reflet des premières ébauches de réflexion urbanistique, reflet d'une tentative d'amélioration du cadre de vie. L'ornementation de la ville commença à devenir un souci de la municipalité, reflet non plus tant des fortunes particulières que de choix esthétiques municipaux. Ne nous y trompons pas cependant. Le maillage urbain restait quasiment en l'état, avec ses rues étroites et tortueuses héritées du Moyen Age, particulièrement dans les quartiers populaires du Nord et de l'Ouest où abondaient les coupes gorges. Les terrains inondables restaient des lieux de vie très précaires où s'entassaient hôpitaux, artisanat nauséabond comme la tannerie, et l'habitat le plus pauvre. Ailleurs les belles façades jouxtaient encore bien souvent des habitations anciennes et insalubres. Malgré cet urbanisme frôleur, la dynamique d'embellissement urbain était lancée et le cœur de la ville prêt à être remanié.