
Une ferme à Mons-Boubert. Entre torchis traditionnel et reconstruction en briques

Pignon en briques et craie à Bertangles

Toiture en pannes à Mons-Boubert
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Habitat
Si l'habitat picard présente une certaine homogénéité, il ne faudrait pas en conclure trop rapidement à son uniformité, bien au contraire. Comme tout pays, la Picardie s'est façonnée par ses contacts vers l'extérieur, ses ressources propres et ses choix liés à son activité économique. A la campagne, le mode de construction traditionnel reste indéniablement le mur de torchis reposant sur un soubassement en dur et recouvert d'un toit de chaume remplacé progressivement, au XVIIIème siècle par des tuiles, la panne. mais cette règle générale connaît des variantes d'un bout à l'autre de la province.
La construction traditionnelle en Picardie du Moyen-Age au XIXéme siècle est caractérisée par la chaumière en paillolage, c'est-à-dire en torchis.
Il était alors coutume d'enterrer légèrement la maison dans le sol afin de conserver au mieux la chaleur. Le toit était quant à lui très raide et élevé, recouvert de chaume, moyen le plus économique pour protéger sa demeure. Les ouvertures restaient limitées, elles comptaient essentiellement la porte principale donnant sur la "maison" et des fenêtres étroites à petits carreaux pour lutter contre le froid.
Bâtir une maison était une entreprise collective qui réduisait ainsi le coût de la construction et mobilisait l'ensemble des artisans du village.
Le charpentier préparait le bois que lui apportait le futur propriétaire, tandis que le couvreur fournissait les tuiles quand le chaume récolté gratuitement dans les champs fut interdit, c'est-à-dire à la fin du XVIIIème siècle.
Le placage du torchis se faisait souvent avec l'aide bénévole des villageois.
Enfin chaque année, lors de la fête patronale, "la ducasse", chacun était tenu de badigeonner sa façade au lait de chaux, ornant les rues de tons ocre à ivoire.
Les murs des habitations rurales de Picardie reflétaient toujours la richesse ou la pauvreté du sous-sol local. En bord de mer on trouvait plus fréquemment du silex et du galet, ailleurs, dans l'Amiénois, du grès, dans la Thiérache de la pierre, dans le Santerre ou aux confins de l'Artois, de la brique.
